dimanche 28 septembre 2008

Musil R., l'homme sans qualité

Même un homme sans qualité peut avoir un père à qualités.

Lorsqu'il apprit l'histoire du château, il y vit aussitôt la transgression d'une limite non définie par la loi, mais qu'il fallait, pour cette raison même, respecter d'autant plus scrupuleusement ; il fit à son fils des reproches plus amers encore qu'aucun de ceux qu'il lui avait déjà faits au cours des années ; et ces reproches sonnaient comme la sombre prophétie du commencement de la fin. Le sentiment fondamental de sa vie était offensé. Comme chez beaucoup d'hommes qui atteignent à une situation importante, c'était, à mille lieues de tout égoïsme, un amour profond pour ce que l'on pourrait appeler l'utilité publique et suprapersonnelle, en d'autres termes, un respect tout honorable de cela sur quoi l'on fonde son avantage, non point parcequ'on le fonde, mais en même temps qu'on le fonde, en harmonie avec ce fait, c'est-à-dire, somme toute, pour des raisons tout à fait générales. La chose est d'importance : un chien de race, s'il cherche sa place sous la table à manger sans se laisser détourner par les coups de pieds, ce n'est point par bassesse de chien, mais par attachement et fidélité ; et dans la vie, ceux-là mêmes qui calculent froidement n'ont pas la moitié du succés qu'obtiennent les esprits bien dosés, capables d'éprouver, pour les êtres et les relations qui leur sont profitables, des sentiments vraiment profonds.

vendredi 22 août 2008

Typologie du dungeon crawling

Une critique du troisième volet des scénarii officiels wizard, H3 : pyramid of shadows, est l'occasion pour David R. Henry d'élaborer une typologie du dungeon crawling au travers des trois volumes déjà parus pour la 4.0.


Le donjon de base avec H1 : Keep on the shadowfell, trés linéaire avec ses hordes de nouveaux monstres dont les racines seraient à chercher du côté du mythique Keep on the borderlands (1981).

Un donjon plus libre avec H2 : Thunderspire Labyrinth, avec un background plus riche et mieux exploité, plus réaliste, dans la lignée des scénarii AD&D (80's, 90's).

Enfin un scénario dans la ligné des concours de convention des mid 90's, le récent H3 : Pyramid of the shadows donc :


"Pour les nouveaux joueurs, retour aux temps où TSR sortait des modules écrits spécialement pour les compétitions en convention. L'objectif de ces modules était de présenter une courte scène que chaque équipe en compétition devait dépasser sans mourrir. Le résultat était fonction des secrets trouvés, de jusqu'où les personnages avaient survécu, et ainsi de suite... Les objectifs des scénaristes étaient de présenter des environnements trés stimulants, et ils étaient ravis de se débarasser de tout le réalisme cher aux rôlistes des 80s et 90s si celà permettait de créer de meilleurs donjons."

mardi 12 août 2008

Dollhouse

Dernières nouvelles :

un trailer...



et une interview :

samedi 10 mai 2008

3 x 3 bonnes raisons d'acheter...

... de nouveaux gros jeux de plateau :
- pour jouer à 2 : 1960, the making of the president
L'élection présidentiel opposant Kennedy à Nixon.
- pour jouer à 3 : Imperial
Spéculations financières et militaires début XXème.
- pour jouer à 4 : Caylus
La construction d'un château médiéval.


... de nouveaux jeux de plis :
- pour jouer une partie différente à chaque fois : 4 en 1
A essayer surtout pour Njet.
- pour délirer :
le malin
Possibilité aussi de jouer sérieux paraît-il.
- pour se faire des ennemis :
sticheln
Le jeu où les points se comptent en négatif.



... de nouveaux jeux à deux :
- pour explorer la Rome de Néron :
Roma
Un bon petit jeu de pose de carte.
- pour explorer Londres avec Jack the Ripper : Mr Jack
Un jeu de déduction.
- pour explorer le Moscou des agents doubles : Guerre Froide
Entre le black jack et magic avec un thème impeccablement rendu.

vendredi 2 mai 2008

Godlike : Guerriers de Rainbow

Une fois tous les deux ans je me prends à écrire un scénario de jdr. Cette fois c'est pour Godlike, un jeu de super-héros de Dettwiller (Delta Green) et Stolze (Unkown Armies) dont l'ambiance réaliste à la Watchmen devrait me permettre d'exprimer une partie du tragique de la France de l'occupation (mais, oui, ça commence à Casablanca) :

Casablanca, 17 février 43, trois mois après le sanglant débarquement dans le royaume chérifain, cinq héros des armées alliées attendent que le Général Woods, officier de la Talents Operation Command finisse d'allumer son cigare. Dans le petit bureau encombré de papier ils ne savent pas bien à quoi s'attendre, depuis la récente Conférence d'Anfa où à quelques centaines de mètres de là Churchill et Roosevelt ont définitivement mis la main sur l'Afrique du Nord en réconciliant De Gaulles et les ex forces vychistes du général Giraud, tout le monde attend l'annonce du débarquement en Italie.

Dans un nuage de fumée cubaine Woods lève les
yeux sur eux. Il y a là le charismatique Psychic, un grand noir de Harlem aux pouvoirs télékinésistes destructeurs. A ses côtés mais plus petite de deux têtes se trouve Harmony, prodige en physique comme en chant dont les gadgets commandés par sa voix sont utiles dans tout type d'opération. Smith comme à son habitude fait bande à part et réussit presque à se faire oublier, il a actuellement son apparence originelle : celle d'un homme moyen aussi bien dans la stature que dans la prestance, mais il suffirait d'un claquement de doigt pour qu'il se change en une blonde sculpturale, ou tout autre apparence qu'il garde en réserve : un espion indétectable. Enfin les inséparables et morbides Albinos Twin Latins : le vicomte des Cendres et El Enterrador, l'un aussi fougueux que peut l'être un jeune gentilhomme français, l'autre aussi tranquille que peut l'être un croque-mort mexicain.


"Si je vous ai réuni aujourd'hui c'est pour vous présenter notre dernière recrue : The Leprechaun... Entrez soldat." Les cinq soldats se sont tournés vers la porte en entendant frapper mais c'est du bureau que leur provient une voix nasillarde facilement différentiable de celle de leur officier : "Ce sont eux ? Je les imaginais plus grand..." L'accent anglais de la créature qui s'est matérialisée directement sur le meuble n'est pas son seul trait particulier, et si ce n'était son uniforme taillé sur mesure, format nourrisson, on pourrait sans peine la prendre pour un de ces lutins des légendes celtiques.

"The Leprechaun a passé les six derniers mois en France et a monté un réseau de résistance, le RAINBOW qui s'étend de chaque côté de la ligne de démarcation. Malheureusement la section principale sur laquelle il s'appuyait a été capturée et exécutée par les nazis avant qu'il ne vienne ici. Vous serez parachutés d'ici quelques jours. J'attends de vous discrétion et efficacité pour lui apporter votre aide dans les opérations qui étaient en cours et doivent être reprises immédiatement. Des questions ?"

[to be continued dans le Don des Dragons 2008, en décembre]

samedi 26 avril 2008

L'éthique selon Wittgenstein

La parole est-elle essentielle à la religion ? Je puis fort bien m'imaginer une religion sans doctrine, et dans laquelle on ne parle donc pas. Manifestement la religion, dans son essence, ne peut être concernée par le fait qu'on y parle, ou plutôt : s'il y a parole, cela même est un élément constituant de l'action religieuse et n'est pas théorie. Donc il n'importe en rien que les paroles soient vraies, fausses ou ne fassent pas sens.
La parole, dans la religion, n'est pas non plus métaphore ; sinon on devrait aussi pouvoir le dire en prose. Affrontement aux bornes du langage ? Le langage n'est pas une cage.
Je ne puis dire que ceci : je ne me moque pas de cette tendance chez l'homme ; je tire mon chapeau devant elle. Et là il est essentiel que ceci ne soit pas une description sociologique, mais que je parle de mon propre fonds.
Pour moi les faits sont sans importance. Mais ce que j'ai à coeur, c'est ce que les hommes désignent en esprit quand ils disent "le monde existe".


L'existence du monde a-t-elle un lien avec ce qui est éthique ?

Wittgenstein : les hommes ont bien senti qu'il y a un lien, et ils l'ont exprimé de la façon suivant : Dieu le Père a créé le monde, le fils de DIeu (ou la parole, qui vient de Dieu) est ce qu'il y a d'éthique. Le fait que l'on imagine la divinité comme divisée puis comme Une indique qu'il y a là un lien.

conférence sur l'éthique - Ludwig Wittgenstein

samedi 19 avril 2008

Les événements ludologiques du moment

Il est dans ma blog roll depuis un moment, je compte mettre un lien pour la souscription de son jeu dans les news mais autant que j'explique un peu tout ça ici : Julien Dorvennes, strasbourgeois, jeuderologue et auteur de jeu publie une nouvelle édition de son Palimpseste, un jeu aux mécanismes novateurs et à l'esprit emprunt de merveilleux qui ravira tout ceux qui veulent un jeu de rôle léger, original et accessible à tous. Il le sort donc en souscription, a tenu compte des critiques de la première édition et c'est ici.

Toujours dans le domaine de la théorie rôliste, un "colloque rôlistique" aura lieu à Paris ce week-end, organisé par des universitaires et qui montre après le travail de Coralie David qu'il y a peut-être quelque chose à chercher de ce côté là.