vendredi 9 avril 2010

Pays des merveilles

Un salut amical aux personnes du réseau rôliste francophone grâce à qui ce blog a enfin un peu de sens...

En 2007, sur ce blog j'ai repris mes réflexions sur le jeu de rôle, ce qu'il m'avait apporté et ce que je pouvais lui apporter et se fut l'occasion de redécouvrir des théories rôlistes que j'avais côtoyé depuis mes lectures sur usenet vers 2001 ou 2002 mais que je n'avais que superficiellement comprises. A l'époque je traine de temps en temps sur la mailing list jeuderologie. J'y trouve des gens qui comme moi ont pu lire sur usenet, the forge ou la page de John H Kim les théories de Ron Edwards, et qui les ont bien mieux analysées Je me fais expliquer et je réalise que ces textes publiés sur le net à la fin des années 90 ne sont plus des aides à la maîtrise mais bien une révolution dans la conception que nous nous faisons du jeu.



Et puis le boulot me fait m'éloigner de toute cette belle agitation. Je laisse mon blog à l'abandon, je joue encore quelques parties, à l'occasion desquelles je garde en tête les idées qu'on m'a expliquées, sans bien pouvoir les mettre en pratique. De toute façon tout cela me paraît bien vain, ces idées qui bouillonnent outre-Atlantique, j'ai l'impression que comme moi mes concitoyens ont bien du mal à les comprendre, que tout celà prend du temps, trop de temps. J'achète quand même Dogs in the Vineyards, avec l'espoir d'y jouer un jour, pour au moins avoir quelques personnes à qui expliquer ce que j'ai eu la chance de saisir, pour ne pas laisser passer le vent de l'histoire dira-t-on...

Il y a quelques semaines, j'écris de nouveau quelques billets pour mon blog, sans me dire que je le reprends, juste pour ne pas dire qu'il est définitivement fermé. Quand je reviens sur les pages écrites en 2008, ce bric à brac de philosophie, spiritualité, cinéphilie et ludophilie me paraît bien étrange, et même si ce fouillis était un peu le concept original du blog je me demande s'il ne faut pas recentrer tout ça un peu autour du jeu. Je marche à taton de toute façon depuis le départ : pas énormément de retour, pas énormément de lecteurs, un peu l'impression d'avancer dans un tunnel au bout duquel une vague lumière luit. En fait la certitude que ces théories anglo-saxonnes, élaborées sur un forum internet rudimentaire, que j'ai découvertes à force de questionnement sur ma propre pratique du jeu mais qui ne sont mises en avant par aucun produit commerciale, sont l'avenir du jdr.

Je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'en l'espace de 3 ans le monde du jeu francophone ai pu rattraper celui des anglophones. Et pourtant force est de constater aprés un rapide tour sur Silent Drift et le réseau des rôlistes francophones que ça y est, les français ont digéré les théories, ont produit des jeux, ont créé des blogs. En fait ce que je faisais sur mon blog en 2007 et 2008 : considérer le jeu comme faisant partie du champ culturel et nourrir l'un de l'autre, ils le faisaient à la même époque, seuls aussi. C'était donc un mouvement de fond, et un peu comme Alice sortant du tunnel je découvre qu'un monde où les réflexions sur la morale de Wittgenstein se mèlent à celle de Ron Edwards sur ce qu'est une histoire est un monde bien réel, celui des rôlistes français de leur époque, et n'est pas qu'une construction artificielle à laquelle j'aurai voulu faire croire sur mon blog... Le pays des merveilles ? La francophonie occidentale qui est capable avec moins de 100 millions d'âmes de produire une communauté capable de rivaliser avec celle du monde anglo-saxon, de digérer des théories dont les finalités ne sont pas évidentes, et d'en faire, je l'espère, des chef-d'oeuvres (il me faut encore les lire !!).

1 commentaires:

Reseau a dit…

Oui, on dirait bien que les rôlistes francophones se réveillent. Ou plutôt, on les remarque enfin, ils se rassemblent ça et là sur des communautés. Mais surtout ils produisent à nouveau des écrits, des articles, des sites, des blogs, et j'en passe.
Et oui, on dirait bien que les jdr sont entrés dans une nouvelle phase, très créative. Espérons que cela dure.
A très bientôt !