mardi 25 mars 2008

Ode mystique

Le géomancien jette sur la terre des signes, justes ou faux, Laisse cela.
Regarde cet émir qui me dit :
"L'amour nous a enflammés, pourquoi nous as-tu abandonnés ?"
Ô émir qui fais naître la prospérité sous tes pas, j'étais parti, maintenant je reviens,

Afin de pouvoir, à présent, exposer ton cas ouvertement.

Que peut une faible clarté lunaire, sinon faire deviner une parcelle de soleil

Ou une goutte de l'océan de cette histoire infinie ?

Quand une goutte t'est montrée, le reste te devient clair.

De la grange, on prend une po
ignée pour l'exposer à la vente ;
Quand tu as vu une poignée, le reste, que tu n'as pas vu, t'est connu :

Tu connais le grain et tu sais bien comment il reviendra du moulin.
Tu es une grange ancienne, plonges y la main ;

Regarde quelle sorte de blé tu es, ensuite apporte-le au moulin.

Djalal Al Din Rûmi
Traduction de
Eva de Vitray-Meyerovitch


Il y a des passages comme ça avec Rûmi où on a l'impression de vivre nous même dans un émirat, craignant les géomanciens charismatiques et faux, et luttant pour amener le fruit de notre travail au moulin.


Comment ça on y est ?